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Grand-Bassam : Le Festival gastronomique N’zima revient pour une 5ᵉ édition placée sous le signe de la valorisation culturelle


Grand-Bassam, 10 juillet 2025 (Top Média) - La cour royale N’zima du quartier France à Grand-Bassam a servi de cadre, ce jeudi 10 juillet 2025, au lancement officiel de la 5ᵉ édition du Festival gastronomique N’zima, prévue du 7 au 10 août prochains. Cette cérémonie, marquée par la présence d’autorités coutumières, municipales, culturelles et universitaires, a mis en lumière l’importance de la préservation et de la transmission de l’art culinaire traditionnel N’zima.

Par Olivier Mignon

Dans son mot d’ouverture, Kacou Adjehi Jean, commissaire général du festival, a salué la mobilisation des invités, notamment la Reine mère des N’zima, les représentants du maire Jean-Louis Moulot, des directions régionales de la Culture, du Tourisme et de la Francophonie, ainsi que des personnalités du monde universitaire et du patrimoine.

Prenant la parole au nom du maire, le conseiller municipal Konin Jonas a félicité le comité d’organisation pour cette initiative culturelle récurrente qui contribue à revaloriser les atouts patrimoniaux de Grand-Bassam, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il a par ailleurs assuré le soutien continu de la municipalité aux actions de promotion culturelle, annonçant la prochaine tenue d’un Festival des communautés, en complément à celui des N’zima.

Mme Sissoko, représentant la direction régionale de la Culture, a transmis les encouragements du directeur régional, tandis que M. Kanoma Christophe, représentant du ministère du Tourisme, a insisté sur la nécessité de pérenniser l’événement et de renforcer la transmission des savoirs culinaires aux jeunes générations. Il a également suggéré la création d’un espace dédié à la cuisine N’zima, destiné à accueillir les visiteurs et touristes en quête d’expériences culinaires locales.

Moment central de la cérémonie, la conférence animée par Dr Ekra Richard, enseignant-chercheur à l’université Félix Houphouët-Boigny, a permis de mieux comprendre la place centrale de la gastronomie dans l’identité N’zima. À travers une analyse anthropologique, il a expliqué que les sept grandes familles composant la communauté possèdent chacune un symbole alimentaire – igname, feu, maïs, entre autres – révélateur d’un rapport intime entre culture et alimentation. Il a également distingué les mets quotidiens (comme l’akondé, ou foutou) des plats réservés aux grandes occasions, tels que la sauce graine au requin lors des mariages, ou celle réservée aux nourrices.

L’universitaire a alerté sur les menaces qui pèsent sur la transmission de ces savoirs, en raison de la modernisation rapide, de la réduction des espaces de culture vivrière, et du désintérêt croissant des jeunes. Il a appelé à documenter, valoriser et enseigner cette mémoire vivante. « Savoir d’où l’on vient passe aussi par la cuisine. La gastronomie peut être un vecteur d’identité et de résilience », a-t-il affirmé.


Édouard Akwesson, représentant la Maison du patrimoine de Grand-Bassam, a abondé dans le même sens. Pour lui, les éléments immatériels comme l’art culinaire sont devenus centraux dans la valorisation touristique des villes classées. Il a plaidé pour l’instauration d’un espace de dégustation exclusivement dédié à la culture N’zima, estimant que cette offre serait unique et attractive à l’échelle internationale.

Au cours des échanges, plusieurs personnalités, dont le doyen N’da Moulé, ont exprimé leur soutien à l’organisation du festival et formulé le vœu de voir l’événement s’ouvrir à d’autres communautés, afin de renforcer la cohésion sociale et le dialogue interculturel.

À travers ce festival, les N’zima réaffirment leur volonté de préserver un héritage culinaire riche, transmis de génération en génération, et de l’inscrire durablement dans la dynamique de développement culturel, touristique et économique de Grand-Bassam.

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