Aboisso : le projet PROMIRE en plein essor dans le Sud-Comoé
Bilan positif pour la première session ordinaire du Comité Régional REDD+
La lutte pour une production de cacao plus respectueuse de l'environnement se poursuit en Côte d'Ivoire. Le mardi 4 mars 2025, Aboisso a accueilli la première session ordinaire du Comité Régional REDD+ du Sud-Comoé. Un rendez-vous crucial, placé sous la présidence du secrétaire général 2 de la préfecture, Akoa N'guessan Jean, et en présence du Lieutenant-colonel Ahoulou Kouamé, secrétaire exécutif permanent du REDD+. L'objectif était clair : faire le point sur les avancées du projet PROMIRE, un programme ambitieux visant à conjuguer productivité agricole et préservation des forêts.
Un projet d'envergure pour un cacao durable
Lancé en février 2021, PROMIRE ("Promouvoir une production de cacao sans déforestation pour réduire les émissions en Côte d'Ivoire") est un projet de cinq ans financé à hauteur de 11,7 millions de dollars par le Fonds vert pour le climat, le gouvernement ivoirien et divers partenaires. Son ambition : réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en favorisant une agriculture plus durable.
Serge Allou, expert agronome et responsable du projet dans le Sud-Comoé, a présenté un bilan encourageant : 741 hectares de terres agricoles réhabilités, 138 hectares de forêts restaurés et 339 producteurs formés aux bonnes pratiques agricoles. Le projet mise sur des techniques agroforestières innovantes permettant d'améliorer les rendements tout en préservant les écosystèmes.
Des résultats concrets sur le terrain
Dans le Sud-Comoé, la transformation agricole est en marche. Grâce au système taungya, un modèle associant cultures vivrières et essences forestières (gmelina, teck, niangon), 138 hectares de forêts dégradées ont été restaurés. Cette approche ne se contente pas de renforcer la couverture forestière, elle offre aussi des revenus supplémentaires aux agriculteurs, notamment aux femmes.
Le projet ambitionne d'aller encore plus loin. D'ici fin 2025, PROMIRE vise la conversion de 4 050 hectares en systèmes agroforestiers, soit 110 % de son objectif initial, et la restauration de 1 250 hectares de forêts, atteignant ainsi 83 % de sa cible finale. En parallèle, une évaluation approfondie des coopératives permettra de mieux adapter les soutiens techniques et financiers.
Un défi majeur : le financement agricole
Si les progrès sont notables, des obstacles demeurent. L'accès au crédit reste un enjeu central pour assurer la pérennité du projet. Pour y répondre, des discussions sont en cours avec les institutions de microfinance afin de développer des solutions de financement adaptées aux producteurs et coopératives.
Akoa N'guessan Jean a insisté sur la nécessité d'une transition vers une agriculture durable. Il a également appelé à une implication plus forte des acteurs locaux à travers la mise en place d'un Comité local REDD+, essentiel pour mieux coordonner les efforts contre la déforestation.
Une initiative structurante pour le secteur cacao
Au-delà de la région du Sud-Comoé, PROMIRE s'inscrit dans une dynamique nationale en faveur d'une agriculture à faible émission de carbone. Porté par la FAO, il s'attache à renforcer les capacités institutionnelles et à structurer l'architecture REDD+ pour garantir une mise en œuvre efficace à tous les niveaux.
La réunion d'Aboisso a également été marquée par la lecture du texte modificatif de l'arrêté de création du Comité Régional REDD+ et une présentation sur la gestion des plaintes par Gommun Charles, chargé des sauvegardes environnementales au SEP-REDD+.
Avec ces avancées, PROMIRE confirme son rôle de levier stratégique pour une production cacaoyère respectueuse de l'environnement en Côte d'Ivoire. L'engagement des parties prenantes et le soutien des institutions financières seront déterminants pour inscrire durablement cette initiative dans le paysage agricole ivoirien.
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